{"id":1332,"date":"2015-06-05T00:00:00","date_gmt":"2015-06-05T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wan-avocats.com\/lusage-de-la-marque-dans-la-vie-des-affaires-comme-condition-necessaire-a-la-caracterisation-de-la-contrefacon\/"},"modified":"2026-06-26T08:56:45","modified_gmt":"2026-06-26T08:56:45","slug":"lusage-de-la-marque-dans-la-vie-des-affaires-comme-condition-necessaire-a-la-caracterisation-de-la-contrefacon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/lusage-de-la-marque-dans-la-vie-des-affaires-comme-condition-necessaire-a-la-caracterisation-de-la-contrefacon\/","title":{"rendered":"L\u2019usage de la marque dans la vie des affaires comme condition n\u00e9cessaire \u00e0 la caract\u00e9risation de la contrefa\u00e7on"},"content":{"rendered":"<p>Fan de la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e \u00ab Plus belle la vie \u00bb, Madame C. a cr\u00e9\u00e9, en 2004, le site Internet www.pblvmarseille.fr consacr\u00e9 au programme, et la page Facebook non officielle accessible depuis 2008 \u00e0 l\u2019adresse www.facebook.com\/pblvmarseille.<\/p>\n<p>Elle entretenait alors des relations r\u00e9guli\u00e8res avec la production de la s\u00e9rie (Telfrance S\u00e9rie), d\u00e9tentrice des marques \u00ab PBLV \u00bb et \u00ab Plus belle la vie \u00bb respectivement depuis 2009 et 2010, chacune tirant ainsi profit et faisant promotion de l\u2019autre.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 la demande de la soci\u00e9t\u00e9 de production, Facebook a fusionn\u00e9 en f\u00e9vrier 2012 la page officielle que la soci\u00e9t\u00e9 Telfrance venait de cr\u00e9er avec la page non officielle de Madame C., sans en avertir cette derni\u00e8re, la soci\u00e9t\u00e9 s\u2019appropriant ainsi les 605.200 fans qu\u2019elle avait r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9unir. Lorsqu\u2019elle s\u2019en est aper\u00e7ue, Madame C. a assign\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 Telfrance S\u00e9rie et la soci\u00e9t\u00e9 Facebook devant le TGI de Paris.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 Telfrance invoque, \u00e0 l\u2019appui de sa d\u00e9fense, \u00eatre titulaire des marques \u00ab PBLV \u00bb et \u00ab Plus belle la vie \u00bb. D\u00e8s lors, en reproduisant les logos sans l\u2019autorisation de leur titulaire, Madame C. aurait commis une contrefa\u00e7on des deux marques, cr\u00e9ant un risque de confusion dans l\u2019esprit des \u00ab fans \u00bb de la page. Madame C. r\u00e9torque pourtant qu\u2019elle n\u2019utilisait pas les marques litigieuses \u00e0 des fins commerciales, mais uniquement pour son usage priv\u00e9 et personnel et que sa page mentionnait express\u00e9ment l\u2019appartenance des marques \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 Telfrance S\u00e9rie afin d\u2019afficher clairement l\u2019absence de lien entre la page Facebook et les marques.<\/p>\n<p>Le 28 novembre 2013, le TGI de Paris a jug\u00e9 que, faute pour la soci\u00e9t\u00e9 de production de d\u00e9montrer que Madame C. avait fait usage des marques dont elle est titulaire dans la vie des affaires (et pas seulement dans le domaine priv\u00e9), ou qu\u2019elle en avait tir\u00e9 un avantage direct ou indirect, elle ne pouvait s\u2019opposer \u00e0 l\u2019usage de ses marques sur la page Facebook \u00ab PBLV Marseille \u00bb. Les juges ont ainsi ordonn\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 Facebook France de r\u00e9tablir la page Facebook de Madame C. telle qu\u2019elle existait avant sa fermeture (avec ses 605.200 fans), sans pour autant condamner le r\u00e9seau social pour faute puisque ce dernier avait l\u00e9gitimement pu croire que la demande de Telfrance \u00e9tait fond\u00e9e<\/p>\n<p>En revanche, le tribunal a condamn\u00e9 le producteur \u00e0 r\u00e9parer le pr\u00e9judice moral subi par Madame C., \u00e0 hauteur de 10.000 euros, n\u00e9 du comportement d\u00e9loyal de la soci\u00e9t\u00e9 de production.<\/p>\n<p>L\u2019exploitation d\u2019une marque d\u00e9pos\u00e9e sans l\u2019autorisation de son titulaire constitue donc un acte de contrefa\u00e7on par reproduction si le signe est utilis\u00e9 \u00ab dans la vie des affaires \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire commercialement. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce crit\u00e8re qui a permis en l\u2019esp\u00e8ce d\u2019\u00e9carter la contrefa\u00e7on, Madame C. ne tirant pas commercialement profit de la page Facebook qu\u2019elle avait cr\u00e9\u00e9e dans un cadre priv\u00e9.<\/p>\n<p>Ce jugement en date du 28 novembre 2013 est pris en application de l\u2019article 5 de la Directive du 22 octobre 2008 qui conf\u00e8re au titulaire de la marque enregistr\u00e9e un droit exclusif interdisant \u00e0 tout tiers de faire usage d\u2019un signe identique dans la vie des affaires pour des produits ou services identiques.<\/p>\n<p>Auparavant, la jurisprudence fran\u00e7aise ne retenait pas syst\u00e9matiquement l\u2019usage de la marque dans la vie des affaires comme une condition n\u00e9cessaire \u00e0 la caract\u00e9risation de la contrefa\u00e7on (Cass. Crim. 18 mai 1999 n\u00b0 pourvoi : 97-86442), \u00e0 tout le moins cet usage devait \u00eatre effectu\u00e9 \u00e0 des fins commerciales ou publicitaires (TGI Paris, 11 octobre 2000, RDPI 20001, n\u00b0 126, p13). Par un arr\u00eat en date du 10 mai 2011, la Chambre commerciale de la Cour de cassation (n\u00b010-18173) avait alors suivi le droit communautaire en d\u00e9gageant la notion de \u00ab vie des affaires \u00bb comme condition n\u00e9cessaire \u00e0 la caract\u00e9risation de la contrefa\u00e7on, crit\u00e8re que les juges ont donc suivi en l\u2019esp\u00e8ce<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fan de la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e \u00ab Plus belle la vie \u00bb, Madame C. a cr\u00e9\u00e9, en 2004, le site Internet www.pblvmarseille.fr consacr\u00e9 au programme, et la page Facebook non officielle accessible depuis 2008 \u00e0 l\u2019adresse www.facebook.com\/pblvmarseille. 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