{"id":1269,"date":"2013-08-23T00:00:00","date_gmt":"2013-08-23T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wan-avocats.com\/la-publicite-intempestive-pour-les-boissons-alcoolisees-sur-les-reseaux-sociaux-condamnee-par-la-cour-de-cassation\/"},"modified":"2026-06-26T08:57:12","modified_gmt":"2026-06-26T08:57:12","slug":"la-publicite-intempestive-pour-les-boissons-alcoolisees-sur-les-reseaux-sociaux-condamnee-par-la-cour-de-cassation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/la-publicite-intempestive-pour-les-boissons-alcoolisees-sur-les-reseaux-sociaux-condamnee-par-la-cour-de-cassation\/","title":{"rendered":"La publicit\u00e9 \u00ab intempestive \u00bb pour les boissons alcoolis\u00e9es sur les r\u00e9seaux sociaux condamn\u00e9e par la Cour de cassation"},"content":{"rendered":"<p>Le 3 juillet 2013, la Cour de cassation s\u2019est prononc\u00e9e contre le m\u00e9canisme de propagation virale propre aux r\u00e9seaux sociaux tels que Facebook, concernant notamment la campagne de publicit\u00e9 \u00ab Un Ricard, des rencontres \u00bb lanc\u00e9e en 2011 par la SA Ricard. Cette derni\u00e8re avait cr\u00e9\u00e9, \u00e0 cette occasion, une application mobile gratuite n\u00e9cessitant un compte Facebook et permettant de visionner la campagne publicitaire de la marque et de partager, sur le mur de l\u2019utilisateur Facebook, diff\u00e9rents cocktails avec comme ingr\u00e9dient principal le Ricard. La marque sugg\u00e9rait pour chaque cocktail une \u00ab rencontre \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019Association Nationale de Pr\u00e9vention en Alcoologie et Addictologie (l\u2019ANPAA) a assign\u00e9 en r\u00e9f\u00e9r\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 Ricard et le Juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s du Tribunal de Grande Instance de Paris a ordonn\u00e9 le retrait de la mention \u00ab Un Ricard, des rencontres \u00bb de la campagne de publicit\u00e9, ainsi que la suppression des applications mobiles. La Cour d\u2019appel de Paris et les juges du fond ont par la suite confirm\u00e9 l&rsquo;ordonnance de r\u00e9f\u00e9r\u00e9, \u00e9non\u00e7ant que le slogan \u00ab Un Ricard des rencontres \u00bb constituait une incitation \u00e0 boire de l\u2019alcool contraire aux articles L.3323-2 et suivants du Code de la Sant\u00e9 Publique (CSP).<\/p>\n<p>La marque arguait quant \u00e0 elle que le terme \u00ab rencontre \u00bb faisait simplement r\u00e9f\u00e9rence aux m\u00e9langes d\u2019ingr\u00e9dients qui forment les cocktails, conform\u00e9ment aux dispositions de l\u2019article L.3323-4 du CSP autorisant la mention du mode de consommation du produit. Elle soutenait \u00e9galement que la possibilit\u00e9 offerte par l\u2019application mobile de partager avec ses amis des recettes de cocktails sur Facebook constituait de la publicit\u00e9 pour des boissons alcoolis\u00e9es autoris\u00e9e par l\u2019article L.3323-2 du Code de la sant\u00e9 publique.<\/p>\n<p>Le 3 juillet 2013, la Cour de cassation a rejet\u00e9 le pourvoi form\u00e9 par la SA Ricard sur ces deux points.<\/p>\n<p>D\u2019une part, les juges de la Haute Cour ont relev\u00e9 que le slogan \u00ab Un Ricard des rencontres \u00bb \u00ab constituait une incitation directe \u00e0 consommer du Ricard dans le but de vivre des moments de convivialit\u00e9 \u00bb et non une indication sur le mode de consommation du produit comme l\u2019autorise l\u2019article L.3323-4 du CSP. D\u2019autre part, la Cour a consid\u00e9r\u00e9 que le fait que le message publicitaire puisse \u00eatre relay\u00e9 par l\u2019intervention d\u2019un internaute \u00e0 l\u2019intention de son \u00ab r\u00e9seau d\u2019amis \u00bb ne faisait pas perdre \u00e0 ce message son caract\u00e8re publicitaire et lui a donc appliqu\u00e9 les dispositions des articles L. 3323-2 et suivants du CSP<\/p>\n<p>A cet \u00e9gard, il convient de remarquer que, par cet arr\u00eat, la Cour de cassation a implicitement choisi d\u2019inclure les r\u00e9seaux sociaux parmi les \u00ab services de communications en ligne \u00bb vis\u00e9s par les dispositions de l\u2019article L.3323-2 9\u00b0 du CSP, en leur appliquant les m\u00eames r\u00e9serves, \u00e0 savoir l\u2019interdiction de la propagande et de la publicit\u00e9 intrusive et\/ou interstitielle. En l\u2019esp\u00e8ce, la Cour de cassation a approuv\u00e9 la Cour d\u2019appel qui avait relev\u00e9 le caract\u00e8re \u00ab intempestif \u00bb, \u00ab inopin\u00e9 \u00bb et \u00absyst\u00e9matique\u00bb de la publicit\u00e9 telle que relay\u00e9e par l\u2019application mobile concern\u00e9e, ainsi que l\u2019incitation \u00e0 consommer de l\u2019alcool, en sugg\u00e9rant que cette consommation provoquerait des \u00ab rencontres \u00bb, ce qui ne rel\u00e8ve pas des strictes mentions autoris\u00e9es telles qu\u2019\u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019article L.3323-4 du CSP.<\/p>\n<p>On pourra enfin noter que dans cet arr\u00eat du 3 juillet, la Cour de cassation n\u2019a pas explicitement \u00e9nonc\u00e9 que le site Facebook \u00e9tait \u00ab un moyen de communication en ligne (\u2026) principalement destin\u00e9 \u00e0 la jeunesse \u00bb comme en dispose l\u2019article L.3323-2 9\u00b0 du CSP pour restreindre la publicit\u00e9 en ligne des boissons alcoolis\u00e9es, tout en relevant n\u00e9anmoins que la campagne de publicit\u00e9 litigieuse Ricard appelait \u00ab particuli\u00e8rement [l\u2019attention] d\u2019un consommateur jeune, sensible aux nouvelles technologies \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 3 juillet 2013, la Cour de cassation s\u2019est prononc\u00e9e contre le m\u00e9canisme de propagation virale propre aux r\u00e9seaux sociaux tels que Facebook, concernant notamment la campagne de publicit\u00e9 \u00ab Un Ricard, des rencontres \u00bb lanc\u00e9e en 2011 par la SA Ricard. 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