{"id":1262,"date":"2013-04-30T00:00:00","date_gmt":"2013-04-30T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wan-avocats.com\/labsence-de-formalisme-pour-les-contrats-de-commande\/"},"modified":"2026-06-26T08:57:14","modified_gmt":"2026-06-26T08:57:14","slug":"labsence-de-formalisme-pour-les-contrats-de-commande","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/labsence-de-formalisme-pour-les-contrats-de-commande\/","title":{"rendered":"L\u2019absence de formalisme pour les contrats de commande"},"content":{"rendered":"<p>A l\u2019occasion d\u2019une action en contrefa\u00e7on, la Cour d\u2019appel de Paris a, dans un arr\u00eat du 17 octobre 2012, affirm\u00e9 qu\u2019un \u00e9crit n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessaire s\u2019agissant du contrat de louage d\u2019ouvrage, et d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, s\u2019agissant d\u2019un contrat de commande<\/p>\n<p>Dans un arr\u00eat du 21 novembre 2006, la Cour de cassation avait d\u00e9j\u00e0 estim\u00e9 que le formalisme requis ad probationem de l&rsquo;article L. 131-3 du Code de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle (CPI) ne s&rsquo;appliquait qu&rsquo;aux contrats vis\u00e9s \u00e0 l&rsquo;article L. 131-2 alin\u00e9a 1, \u00e0 savoir les contrats de repr\u00e9sentation, d&rsquo;\u00e9dition et de production audiovisuelle. Cette solution avait pourtant \u00e9t\u00e9 largement critiqu\u00e9e, le contrat de commande pouvant s\u2019analyser, selon le contexte, en un contrat vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article L.131-2 du CPI<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9dition avait command\u00e9 plusieurs dessins \u00e0 une illustratrice dans le simple but d\u2019accessoiriser des textes dans des livres d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la jeunesse. Les relations professionnelles entre les parties avaient d\u00e9but\u00e9 en 1996 et les premi\u00e8res illustrations avaient fait l\u2019objet de contrats d\u2019\u00e9dition, tandis que les derniers ouvrages command\u00e9s n\u2019\u00e9taient formalis\u00e9s par aucun contrat \u00e9crit<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, chaque ouvrage faisait l\u2019objet d\u2019un bon de commande \u00e9dit\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 et d\u2019une facture adress\u00e9e par l\u2019auteur. La question principale du litige portait alors sur la qualification des relations contractuelles entre les parties, dont d\u00e9coulent des cons\u00e9quences juridiques, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article L.131-2 du CPI pr\u00e9cit\u00e9 opposant les contrats de repr\u00e9sentation, d\u2019\u00e9dition et de production audiovisuelle n\u00e9cessitant un \u00e9crit et les autres contrats, soumis aux r\u00e8gles de preuve des articles 1341 \u00e0 1348 du Code civil. Le 15 octobre 2010, le Tribunal de Grande instance de Paris a d\u00e9bout\u00e9 l\u2019auteur de son action en contrefa\u00e7on arguant qu\u2019il y avait bien eu cession des droits de reproduction \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 moyennant le paiement d\u2019une r\u00e9mun\u00e9ration forfaitaire<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, les juges en ont d\u00e9duit la preuve du consentement des parties sur la cession de droits, l\u2019auteur ayant toujours honor\u00e9 ses commandes en \u00e9change d\u2019une facture. La Cour d\u2019appel de Paris a ainsi confirm\u00e9 le jugement entrepris dans l\u2019arr\u00eat du 17 octobre, au motif que s\u2019agissant de contrats de louage d\u2019ouvrage et non de contrats d\u2019\u00e9dition, aucune exigence de forme n\u2019\u00e9tait requise, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article L.131-2 du CPI qui ne requiert un \u00e9crit que pour les contrats de repr\u00e9sentation, d\u2019\u00e9dition et de production audiovisuelle, \u00e0 titre de preuve<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, la cession des droits a bien \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e selon les juges du fond, lesquels notent \u00e0 cet \u00e9gard que \u00ab pendant plus de six ann\u00e9es, les relations contractuelles entre les parties [\u2026 avaient] toujours [\u00e9t\u00e9] effectu\u00e9es selon le m\u00eame processus \u00bb et que \u00ab la facturation des illustrations livr\u00e9es [emportait] n\u00e9cessairement cession du droit de reproduction et [valait] manifestation expresse de la volont\u00e9 du cessionnaire \u00bb<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel a ainsi rejet\u00e9 les demandes en r\u00e9siliation et en responsabilit\u00e9 contractuelle de l\u2019appelante consid\u00e9rant que les droits de reproduction de l\u2019auteur avaient \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9s sans \u00e9quivoque \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 et qu\u2019au titre de l\u2019article 131-4 4\u00b0 (et non 5\u00b0 comme indiqu\u00e9 par erreur par la Cour d\u2019appel), la r\u00e9mun\u00e9ration de l\u2019auteur pouvait \u00eatre \u00e9valu\u00e9e forfaitairement d\u00e8s lors que \u00ab l\u2019utilisation de l\u2019\u0153uvre ne [pr\u00e9sentait] qu\u2019un caract\u00e8re accessoire par rapport \u00e0 l\u2019objet exploit\u00e9 \u00bb<\/p>\n<p>Par cet arr\u00eat, la Cour d\u2019appel vient confirmer la tendance jurisprudentielle se d\u00e9gageant de l\u2019arr\u00eat de la Cour de cassation du 21 novembre 2006 (pourtant non publi\u00e9 au Bulletin), excluant express\u00e9ment les contrats de commande des dispositions des articles L.131-2 et L.131-3 du CPI, la preuve de ces contrats pouvant alors \u00eatre rapport\u00e9e selon les prescriptions des articles 1341 \u00e0 1348 du Code civil (t\u00e9moignage, commencement de preuve par \u00e9crit\u2026)<\/p>\n<p>Propri\u00e9t\u00e9 litt\u00e9raire et artistique 30 ao\u00fbt 201<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019occasion d\u2019une action en contrefa\u00e7on, la Cour d\u2019appel de Paris a, dans un arr\u00eat du 17 octobre 2012, affirm\u00e9 qu\u2019un \u00e9crit n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessaire s\u2019agissant du contrat de louage d\u2019ouvrage, et d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, s\u2019agissant d\u2019un contrat de commande Dans un arr\u00eat du 21 novembre 2006, la Cour de cassation avait d\u00e9j\u00e0 estim\u00e9 que [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":284,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_angie_page":false,"page_builder":"","footnotes":"","_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[1],"tags":[],"annee":[63],"expertise":[30],"class_list":["post-1262","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-le-cabinet","annee-63","expertise-social"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1262","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1262"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1262\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2000,"href":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1262\/revisions\/2000"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/284"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1262"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1262"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1262"},{"taxonomy":"annee","embeddable":true,"href":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/annee?post=1262"},{"taxonomy":"expertise","embeddable":true,"href":"https:\/\/wan-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/expertise?post=1262"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}